The amazing adventure of H
Jacmel, 1938, localité du littoral caraïbéen d'Haiti. A la veille du carnaval, Patrick Atalmont nous conte les noces d'Hadriana Siloé, jeune femme éblouissante de beauté et admirée de tous les habitants, avec Hector Danoze. Le mariage de ces deux êtres est comme un pacte que Jacmel s'apprête à signer avec l'espérance et la beauté. Mais nous sommes en pays Vaudou où le rituel des métamorphoses permet de mêler les horreurs de la mort aux rites de la fête.
Hadriana dans tous mes rêves de René Depestre, est une fantaisie pleine de sensualité dans laquelle le merveilleux et l'épouvante s'entrelacent. Baltazar Granchiré, jeune homme transformé pour se venger de son infidélité par son père adoptif en papillon bizango, jette son dévolu sur Hadriana Siloé et s'apprête à séparer son « petit bon ange de son gros bon ange » et à la condamner à vivre le reste de sa vie sous la forme d'une Zombie. L'écriture flamboyante de Depestre peint avec humour et énergie la dualité vaudou/catholique dans la célébration de la mémoire de l'héroïne. La musique et la danse y sont omniprésentes, avec notamment les tambours, qui sont les instruments principaux du culte, instruments qui contribuent à la construction et à la consolidation du lien social en Haiti.
En tant que batteur, j'ai voulu placer ces tambours au centre du discours, sans toutefois essayer de transposer les rythmes traditionnels haïtiens à la batterie. Il ne s'agit en aucun cas d'ethnomusicologie. Plutôt d'un folklore imaginaire et fantastique que l'on pourrait découvrir en feuilletant un livre pour enfants intitulé Vaudou.
Sing me a song of songmy d'Ihlan Mimaroğlu et Freddie Hubbard est un des albums qui m'a le plus influencé, de part sa couleur unique, sa modernité et son propos. Oeuvre politique et sombre, il s'agit d'un disque d'avant garde et de musique concrète sorti chez Atlantic en 1971. La pièce est une fusion de post bop jazz, d'électroacoustique et de poésie.
Quand j'ai commencé à écrire la musique de ce spectacle, j'ai beaucoup pensé à cette oeuvre, au mélange des textures dont elle est composée. J'ai cherché à fabriquer une sorte de collage, à l'image des dadaistes, en utilisant la batterie et des synthétiseurs analogiques, mais aussi des samples de musique traditionnelle et d'exotica. J'ai voulu développer un langage fait de lignes superposées, entremêlées. Une matière organique et mouvante, comme l'expression de l'ambiguité du réel et du merveilleux dans le roman de René Depestre.
Album à paraître chez Buda Musique en 2026
Avec le soutien de la
